Questions diverses et variées

Dans cette rubrique, je réponds à des questions qu'on m'a réellement posées, car tout le monde ne connaît pas le métier de conteur. 
Désolée donc si certains trouvent que j'enfonce des portes ouvertes... 

  • Pourquoi racontez-vous sans support visuel (marionnettes, livre, etc...) ?
J'ai rencontré le conte grâce à des artistes qui mettaient en avant la parole simple, la voix nue, qui ouvre un imaginaire très puissant et personnel, que ce soit pour le spectateur/auditeur ou pour le conteur.
Je reste donc sur ce choix de sobriété, n'ayant pas éprouvé le besoin d'utiliser des objets variés.
Même avec les plus jeunes, qui suivent l'histoire sans problème.

  • Combien de temps durent vos animations ?
Pour moi (et pas que pour moi), un animateur est un travailleur social que construit son animation en fonction des besoins d'un public ciblé. 
Un conteur est un artiste qui construit son spectacle en fonction de son projet artistique. Et ensuite, seulement, il le propose à un public plus ou moins ciblé.
Pour ma part, je propose des spectacles, et non des animations. La précision me semble importante afin d'éviter d'éventuels malentendus.

  • Le conteur/la conteuse de la dernière fois faisait beaucoup participer le public, mais pas vous... 
Certains conteurs impliquent beaucoup le public par des chants, des prises à partie, d'autres - comme moi - pas du tout. La relation existe pourtant tout autant.
Comme pour l'utilisation d'objets, de musique, etc., chaque conteur arrive avec ses compétences, sa sensibilité, sa singularité.

  • Pourquoi précisez-vous des âges pour vos spectacles ? Le conte n'est-il pas accessible à tout le monde ?
Je précise les âges pour aider les spectateurs ou les structures qui m'accueillent à faire leur choix dans mon répertoire. 
Si je précise qu'un spectacle est pour les 8 ans et plus, c'est parce qu'il aura une durée, des thématiques, des images suggérées que je ne peux rendre accessibles à des enfants plus jeunes sans léser les plus âgés. 
Et s'il est évident que la maturité n'est pas forcément liée à l'âge... il faut bien fixer une limite, claire et valable pour tous. 
Libre aux parents d'essayer de « forcer » la limite, dans la mesure où ils s'engagent à gérer les éventuels désagréments sans perturber le spectacle.

  • Pourriez-vous faire une représentation pour 150 enfants de maternelle ?
Pour les 3-5 ans, je suggère de faire des groupes de 30, 50 maximum. Au-delà, les adultes accompagnants passent leur temps à faire la police. C'est un peu inévitable avec une telle quantité d'enfants aussi jeunes, à l'attention encore fragile. Mieux vaut donc leur proposer des conditions confortables. 
Et à ceux qui pourraient rétorquer que je n'ai qu'à les « captiver » avec mes histoires... je rappelle que ce n'est ni du dressage, ni une séance d'hypnose.

  • 350 € pour un spectacle de 30 minutes, c'est quand même très cher !
C'est vrai que pour de nombreuses structures, inviter un artiste est un réel investissement.
Mais il faut rappeler que les 350 € ne paient pas uniquement le temps passé sur scène. 
Ils doivent couvrir le temps de préparation, de recherche, les cotisations obligatoires, la journée consacrée au spectacle (forfait de 12h de travail), les déplacements (lorsque ce n'est pas trop loin du domicile), les formations pour se perfectionner ou, plus simplement, les frais de la vie courante.
Sans oublier que, contrairement à la plupart des salariés... les conteurs ne travaillent pas tous les jours. 

  • Notre structure milite pour une noble cause et/ou a un tout petit budget ; vous pourriez venir raconter gratuitement/pour une somme symbolique/pour le bonheur des enfants/pour vous faire connaître ?
Conter est un métier, et je paie mon loyer, mes factures et les couches de mon fils au même prix que tout le monde.
Il peut m'arriver de faire cadeau de mon travail (à des proches, par exemple) mais c'est toujours une décision strictement personnelle. 
Et je ne suis pas sûre que multiplier les prestations gratuites ou à des prix trop bas, et ainsi « casser le marché » , m'assure une notoriété très enviable. Notamment auprès de mes collègues. 

  • Écrivez-vous vos histoires vous-même ? 
Je puise les histoires que je raconte dans le répertoire traditionnel du monde entier, de Grimm à Calvino, de Basile aux contes tibétains, des histoires amérindiennes aux contes africains...
Il y a tant d'histoires puissantes, drôles, passionnantes dans le monde ! Je pense avoir encore de belles années d'exploration devant moi, et c'est déjà un sacré travail que de les raconter en leur prêtant mon imaginaire, ma gestuelle, ma sensibilité.

L'écriture, en tant qu'exercice littéraire, est un tout autre métier, que je ne pratique pas.